Petite chronique du Grand Large…

Je suis pour l’augmentation de la TVA dans la restauration.

J’entends d’ici mes collègues hurler, pester et me maudire jusqu’à la 7ème génération. Alors pardon. Pardon Vincent, Éric, Olivier et les autres qui vous démenez pour dénoncer ce risque d’augmentation. Pardon, mais je suis pour.

Je suis pour depuis la diffusion récente sur France 5 de « Un pavé dans l’assiette » qui jette un œil sur les pratiques de la restauration commerciale aujourd’hui en France. Ce que j’ai vu et entendu dans ce reportage me dégoûte, me fâche, m’attriste et me déprime.

Quel rapport avec le taux de TVA ?

Selon ce reportage, la majeure partie des restaurants français utilisent de nos jours des produits élaborés ou semi-élaborés pour construire leurs menus. Je ne voulais pas le croire. Je m’en doutais bien sur, mais je ne voulais pas regarder en face l’étendue du désastre. Et pourtant, c’est calamiteux, outrageant et violent à la fois. J’ai vu ce chef ( ?) à Elancourt qui ne reçoit dans son restaurant QUE des produits surgelés déjà transformés et qui a le toupet de nous faire croire que c’est la seule manière de survivre aujourd’hui dans la restauration et, qu’en plus, c’est bon. Et puis il y a l’autre là, dont je préfère ne pas me souvenir du nom – un ancien chef étoilé – qui travaille pour un groupe agro-alimentaire et qui nous raconte que ces préparations ne pourraient pas être mieux faites de façon traditionnelle. Vous verriez la tronche de sa souris d’agneau ! C’est à pleurer. Mais il est fier et heureux avec sa belle montre à 3000 euros – Ah la fameuse Roleix à 50 ans… – et ses beaux yeux qui nous chantent la sérénade de la qualité, avec ce fichu demi-sourire qui en dit long sur ses intentions… Et puis il y a les poubelles des restaurants où les emballages prennent la place des épluchures, les barquettes de plastique celle des arêtes et des os, les boîtes de fonds de sauce celle des bouquets garnis. Désolant !

Reportage orienté, alarmiste, me rétorquera-t-on ? Oui mais non… Dans le reportage, notre chef d’Elancourt nous fait une merveilleuse démonstration avec un coulant au chocolat – Michel Bras, mais qu’est-ce qui vous a pris d’inventer cette merveille devenue aujourd’hui le cauchemar ultime de la restauration ? – passé au micro-ondes. Prix de revient : 1,60 euros. Prix de vente : 11 euros. Coefficient 7 ! Du coup, je me suis livré à une petite expérience. Et si je faisais un véritable coulant au chocolat, quel serait son prix de revient ? Avec du chocolat de grande origine, du beurre digne de ce nom et des cuisiniers qui savent travailler. Prix de revient : 5,20 euros. Prix de vente des desserts chez nous : 14 euros. Lequel des deux est le plus cher selon vous ? Ah oui, certes, si vous passez devant la carte, dehors, et que vous voyez mon coulant au chocolat à 14 euros, vous allez vous dire : « Tiens regarde combien il vend son coulant, c’est l’arnaque ! ».

Autre petit jeu. Dans le reportage, les journalistes nous expliquent que « la plupart » des restaurants travaillent avec ces produits élaborés ou semi-élaborés. Mais non, ce n’est pas vrai, je n’y crois pas ! Soit.

Chiffre d’affaires des 4 gros acteurs de ce marché (source en bas de page).

Pomona : 2,7 milliards d’euros

Brake : 670 millions d’euros

Davigel : 766 millions d’euros

Hexagro : 500 millions d’euros

J’additionne. 4, 736 milliards d’euros. Application du coefficient multiplicateur de notre ami d’Elancourt, résultat, chiffre d’affaires généré : 33, 152 milliards d’euros.

Rapprochons ce chiffre avec le chiffre d’affaires annuel de la restauration commerciale en France. Vous êtes prêts ? 46, 69 milliards d’euros en 2011. Eh oui, la production vendue par ces quatre poids lourds génère 71% du chiffre d’affaires de TOUTE la restauration commerciale en France !

Calcul est un peu simpliste qui demande à être affiné, certes, mais je me suis tenu pour l’exemple aux quatre plus gros… Sans tenir compte des nombreux autres !

Alors oui, je suis pour l’augmentation de la TVA dans cette restauration qui n’en n’a que le nom. Et je vais plus loin en préconisant une TVA à 24% ! Alors évidemment nous allons tous y rester. Mais que représentons-nous sur les lignes de chiffres des pouvoirs publics ? Rien, peanuts, nous sommes l’infime, le négligeable. Les restaurateurs n’ont pas joué le jeu ? Mais c’est parfaitement vrai ! Bien évidemment toi le petit restaurateur, tu as joué le jeu, comme moi, tu as baissé (un peu) tes prix, tu as investi, tu as augmenté ton personnel. Mais encore une fois, que représentons-nous, amalgamés que nous sommes par les pouvoirs publics avec les « margistes », ceux qui veulent une voiture avec plein de pots échappement ?

So what ?

Ne comptez pas sur moi pour ne rien proposer. Revenons à la TVA à 5,5% pour les restaurants qui ne travaillent que du frais ! Faisons une loi qui oblige les restaurateurs à afficher toutes les provenances de leurs produits ! (surgelés, pré-élaborés, bios, locaux, élaborés) Obligeons-nous à laisser à l’entrée de nos restaurants un livre de nos fournisseurs qui s’engagent à travailler sainement et laissons nos clients le consulter, poussons-les à le regarder avant de manger ! Et tant qu’à faire, que l’État recrute des fonctionnaires chargés de contrôler très régulièrement les restaurants.

Ceux qui ne s’engagent pas à travailler de cette façon ? TVA à 24% !

Laissez-moi vous dire que très vite le niveau de la restauration française fera un petit bond (cf Italie). Et ce ne sera pas seulement un bond qualitatif, mais aussi un bond vers l’honnêteté, la transparence et la sincérité.

… Allez, arrête de rêver Hervé ! Dans le reportage, le député qui avait proposé qu’on astérisque les menus est interviewé alors qu’il prépare une conférence de presse pour revenir en arrière sur son combat. Sur ses notes de travail, une ligne : « Attention de ne pas se mettre à dos les lobbies de l’agro-alimentaire. »

CQFD.

Il paraît que la gastronomie française est entrée au Patrimoine Mondial de l’Unesco… Et mon cul, c’est du poulet ?

Sources : Sites internet des groupes Pomona, Hexagro, Société.com.

Hervé Bourdon, Le Petit Hôtel du Grand Large / Photo Romain Joly

Commentaires
22 Réponses de “Petite chronique du Grand Large…”
  1. coupeau dit :

    Tout à fait d’accord.

  2. vincent dit :

    Bel article Mr Bourdon, malheureusement trop de clients rechignent à mettre 10 ou 15 euros de plus pour bien manger, préférant se gaver pour pas cher ! Certains ne font même pas la différence…..
    Il y a du boulot !!
    En tout cas il ne faut pas baisser les bras, et continuer à faire de la « belle cuisine » pour ceux qui sont encore à l’écoute..
    Bonne continuation

  3. TY MIAM GOZ dit :

    Bravo, pour votre article, on pourrait changer le nom de ces établissements en imposant que seuls ceux qui transforment des produits aient le droit de porter le nom de restaurant (à partir d’un certain seuil de transformation), comme pour les boulangeries et les dépôts de pain ?

  4. AnnePi dit :

    J’aime bien ! D’autant plus que, ben, c’est pas faux tout ça !! Oui pour la TVA augmentée aux  » dépôts de bouffe » et abaissée aux « restaurants » !! N.

    • Marie-Jo dit :

      Bien dit et bien envoyé, c’est le coup de feu !
      Je suis bien d’accord pour la reconnaissance de « restauration à 2 vitesses » donc à 2 taux de TVA différents.
      Notre gastronomie française doit être soutenue, encouragée.
      Côté clients, c’est le parcours du combattant pour trouver un vrai restaurant.
      Tout le monde dit la même chose, galvaude l’appellation « fait maison ». On ne s’y retrouve pas.
      Les boulangers ont réagi, il y a quelques années, face à la prolifération de terminaux de cuisson poussant comme des champignons. Ces commerçants osaient se nommer boulangers, la honte ne les étouffait pas, comme leur pain.
      Maintenant il faut chercher l’affiche artisan boulanger, alors les restaurateurs devraient avoir eux-aussi un signe distinctif sur leur porte. Au premier coup d’oeil, on saurait que les produits sont frais. Est-ce réalisable, je rêve sans doute.

  5. Un vrai coup de gueule, un pavé dans la mare comme je les aime.
    Il semble en effet qu’il soit grand temps de faire du ménage dans cette profession. Honorer et aider les passionnés, les artistes de la gastronomie et de l’art culinaire. Ceux qui prennent le temps de constituer un réseau de fournisseurs également amoureux de leur métier, l’éleveur, l’artisan, le maraîcher, le bon volailler, etc… .
    Les autres, les affiliés aux groupes de l’industrie alimentaires, ne doivent plus avoir ce titre de cuisiner ou de restaurateur. L’idée d’appliquer une TVA à 5,5% aux artisans qui font l’effort de travailler la matière première, et une TVA au minimum à 19,6% pour les pseudos restaurateurs, plus proche du gérant de cantine d’entreprise me parait une judicieuse approche à creuser.

    Afin « d’aider » nos politiques perdus entre les lobbying industriels et les syndicats de la profession , je reprendrais volontiers une proposition qui avait été faite par Xavier Denamur, restaurateur non-conformiste, entreprenant et combatif, qui porte en lui un mélange de d’Artagnan et de Don Quichotte.

    Restaurants : repassons la TVA à 19,6% et innovons !

    En échange de cette mesure, voici 10 propositions… Elles sont à discuter :

    1
    Baisser proportionnellement les charges patronales et salariales (du smic à cinq fois le smic brut) pour encourager les employeurs à mieux payer et déclarer leurs salariés.
    Les primes Sarkozy et Fillon allouées aux employeurs entre 2004 et 2009 ont renforcé la smicardisation de ce secteur.

    2
    Supprimer toutes les charges pour les petites entreprises de moins de trois salariés pendant quatre ans et subventionner massivement les entreprises sans salarié qui sont souvent les derniers lieux de sociabilité de nos petites villes et villages.

    3
    Favoriser l’investissement pendant les trois prochaines années dans le cadre d’un plan de relance et de modernisation en permettant d’amortir les sommes engagées dans la même année que l’investissement dans la limite d’un million euros.

    4
    Développer des filières de formation tournées vers les vrais métiers de la restauration, la création et la gestion d’entreprises dans ce secteur où les défaillances sont souvent dues au manque de compétences

    5
    Lutter contre la fraude sociale et fiscale qui crée des distorsions de concurrence insupportables pour les légalistes et mettent à mal notre système de protection sociale et les comptes de l’Etat, régulariser tous les sans-papiers embauchés avant la nouvelle obligation d’obtenir de la préfecture une autorisation pour tout embauche d’un salarié étranger et sanctionner fortement tous les employeurs qui malgré la nouvelle réglementation auraient à nouveau recours illégalement à cette main d’oeuvre corvéable à souhait.

    6
    Obliger tous les acteurs à s’équiper de « caisses enregistreuses légales » (donnant le détail des taxes) et les fournir gratuitement aux très petites entreprises, l’absence de remise de ticket légal est à l’origine de la chaîne de la fraude

    7
    Restituer une partie de la TVA aux citoyens les plus pauvres pour leur permettre d’aller au restaurant et découvrir de nouvelles saveurs et manières de transformer des produits simples

    8
    Créer une classification des produits servis pour renseigner le consommateur sur ce qu’il va manger (en indiquant si les produits sont frais ou non, fabriqués sur place ou bien préparés ailleurs)

    9
    Veiller à la réduction de l’empreinte écologique de ces entreprises, les plus polluantes des commerces de détails (favoriser le tri, la réduction des emballages, les produits frais, etc).

    10
    Informer et lutter contre le développement des produits saturés en gras, sel ou sucre ayant des conséquences sur la santé et les finances publiques et communiquer sur le rôle d’exemplarité d’une authentique restauration en matière de pratiques alimentaires

    Pendant que vous réfléchissez à vos commentaires et propositions, gardez à l’esprit, pour savoir à qui profite réellement la baisse de la TVA, que les dix premières entreprises génèrent près des deux tiers du chiffres d’affaires du secteur des cafés-hôtels-restaurants, et que leur vocation première est de nourrir leurs actionnaires.

    Intéressant non ?

    Lire sa lettre ouverte au Président Hollande du 26/10/2012
    http://www.rue89.com/2012/10/26/denamur-ecrit-hollande-le-bon-la-taxe-et-le-president-236525

    Merci à Mr Bourdon pour son coup de gueule .

  6. Réponse @ Vincent.
    Vous aurez toujours une clientèle qui cherche le moins à défaut du mieux ou du meilleur. Si « certains ne font plus la différence  » c’est qu’il est grand d’agir et peut être dès l’école pour réapprendre le gout. Ne serait ce que d’identifier une bonne frite d’une mauvaise, d’un bon tartare (fraîchement haché par le cuisinier ) d’un mauvais ( sortie d’un emballage sous vide ou décongeler ).
    Cela ne retire pas aussi le fait que le client doit savoir « ou » et « quoi » il mange. Il y a la notion de se nourrir au quotidien et les industriels de la food savent faire. Mais il y aussi la notion de nourriture partage, plaisir, souvenir, ce moment hédoniste de passer un bon moment dans un univers travaillé et pensé par des passionnés, amoureux de leur métier. Et là il ne doit pas y avoir tromperie.
    Je vais faire un parallèle : je peux regarder une pièce de théâtre, ou un opéra ou un concert devant mon écran plat. Ce ne sera jamais le plaisir de la salle, des émotions partagées, du spectacle vivant qui se déroule sous vos yeux.
    La vrai restauration c’est une affaire de passion, d’amour et du désir du partage. Ce n’est plus quelques euros qui font la différence.
    Bien à vous

  7. Bravo pour ce coup de gueule. Plus on sera nombreux à ne pas s’aligner sur le discours entendu et vendu des « chefs » des organisations patronales qui fricotent avec des Siré, Brake and Compagnie, plus on fera avancer les choses dans le bon sens avec les pouvoirs publics. Comme le député Thevenoud, mettons tous les pieds dans le plats et cherchons à améliorer les assiettes des citoyens, des salariés et des patrons qui restaurent vraiment leurs clients. Si vous désirez avoir plus de visibilité pour votre tribune car elle n’aura pas le droit de citer dans la Pravda des restaurateurs plus communément connue sous le nom de Journal de L’hôtellerie-restauration, inscrivez-vous sur le site de mon association http://www.vegr.fr , je la mettrai en ligne. De nombreux restaurateurs, simples citoyens et journalistes consultent régulièrement ce site dédié à permettre un vrai débat sur l’avenir de la restauration en France.
    Bonne soirée et bonne chance.
    Xavier
    Restaurateur normal de la République
    PS: si vous avez été offusqué par ce que vous avez vous dans le reportage de France 5, mon film « République de la malbouffe » va vous ouvrir les yeux sur le scandale de la baisse de la TVA tel quelle a été organisée par les lobbies, les organisations patronales et les représentants politiques. Naturellement, mon film n’a pas pu pas être diffusé à la TV mais ça pourrait changer.

  8. hervé jamin dit :

    Très rarement dans mon canapé un dimanche soir j’ai pu voir cette énorme grossièreté que nous laissons propager comme la lèpre.
    Faisons nous entendre, réclamons une vrai justice et arrêtons de nous faire marcher sur les pieds.
    Redorons le blason de nôtre métier qui à trop laissé s’installer n’importe qui , n’importe où !!!

    Bien à vous tous chers confrères

  9. poupinette dit :

    Effectivement Hervé, dans un monde parfait les gros méchants seraient punis et les gentils gagneraient ….
    malheureusement, ce monde n’est pas parfait : en tant que salarié ou patron, on paie pour
    - la partie des gens qui ne veut pas travailler via le chomage ou la maladie,
    - la partie des gens qui veut des enfants pour toucher des allocations,
    - la partie de restaurateurs qui ne veulent ou n’ont pas voulu jouer le jeu

    En attendant, ce sont toujours les mêmes qui paient
    alors peut-être n’avez-vous pas joué le jeu lorsque la TVA a baissé ?
    Certains, si …. et de lire un restaurateur qui plébiscite la TVA à 24 %, même si, je l’admets, sur le fond c’est louable,
    cela reste à l’heure actuelle, pour vous, qui défendez la veuve et l’orphelin quand il s’agit de poissons ou de pêcheurs, quelque chose « d’assez » antinomique !

  10. Tout Va Mieux dit :

    Couple restaurateur depuis 12 ans,
    J’avoue être dégoûtée de cette augmentation prévue…d’autant que la période ne soit pas vraiment propice
    Bref …marre d’etre spectatrice et de subir en silence….depuis je lis, je commente, …d’un naturel ouvert et optimiste, je suis plus ou moins d’accord : je pense que comme tout le monde, je vois midi à ma porte….
    ET IL Y A UNE CHOSE QUI ME CHOQUE en parlant de ma porte en particulier : un restaurant c’est aussi un endroit ou on est SERVI à table. Alors question: Qu’est ce qui coûte le plus cher sur le chiffre d’un vrai restaurant? Qu’est ce que le client remarque le premier en entrant dans un restaurant ?

  11. Mon cher Hervé,

    Bravo pour votre proposition de TVA différenciée.

    On doit pouvoir aller plus loin (sans engager des contrôleurs supplémentaires).
    En effet, il existe déjà un agrément officiel qui permet de séparer ceux qui font la cuisine de ceux qui ouvrent les sachets, c’est le titre de « Maitre restaurateur » , il est décerné par le Préfet après un audit de contrôle « mystère » et en plus il vous permet un crédit d’impôt de 15 000 €.
    Les 4 premiers points de contrôle sont les suivants :
    1. Cuisine faite sur place
    2. Achats des charcuteries et salaisons auprès d’artisans ou de PME
    Indépendantes
    3. Non recours à des plats préparés
    4. Produits acquis majoritairement frais
    http://www.maitresrestaurateurs.com/wp-content/uploads/2010/12/presentation-titre-maitre-restaurateur.pdf

    Avec ces 4 petits points, vous éliminez 90% des « restaurants ouvre-boites ».
    Pour ma part j’ai fait la demande en 2011, et ça s’est passé très simplement, un client est venu manger, à la fin du repas (après l’addition) il s’est présenté, a demandé à visiter la cuisine, il a ouvert les frigos et constaté que Davigel, Brake, … n’étaient pas les bienvenus ici (de toutes façons, il l’avait constaté au cours du repas), il a fait son rapport et deux mois après, j’ai reçu un courrier de la Préfecture avec un numéro d’agrément pour 4 ans.
    Bien sûr, le système n’est pas parfait, il n’y a pas vraiment de critère qualitatif (mais pour ça il y a les guides et les critiques gastronomiques), 4 ans c’est long, …
    Mais ce titre a le mérite d’exister et de fédérer les2000 ou 2500 restaurateurs qui sont agréés et pourrait très rapidement fédérer tous ceux qui peuvent facilement obtenir ce titre (5000 ? 10000 ?). Un goutte d’eau en termes de chiffre d’affaire et donc de TVA mais un formidable message.
    Je me permet même de rêver : si nous étions seulement quelques uns à proposer que les titulaires du titre de « Maître Restaurateur » puissent appliquer une TVA à 7% (assorti d’un moratoire d’un an pour ceux qui engagent une demande officielle d’agrément pour ce titre).
    Et que nous fassions cette proposition aux quelques élus(députés, sénateurs, …) que chacun nous connaissons plus ou moins, ça pourrait faire avancer les choses dans le bon sens.

  12. Nicolas ADAM dit :

    Come down baby…
    Le monde des bisounours n’existe pas,! je n’ai pas vu le reportage mais bon tu as raison : A qui profite le crime
    Perso pour la TVA j’ai baissé mes prix et doublé la prime pour mes employés ,ce qui n’est pas le cas pour bon nombre de nos collègues ( du traditionnel à l étoilé )
    Ceci dit j’ai hâte de gouter ton coulant au chocolat qui doit être super bon…mais bon 14 euros c’est un peu cher ! (baisse de TVA incluse???)
    Et pour le prix de revient , comment dire… mmm recalcule !
    En tout cas bravo pour mettre les pieds dans le plat …et Big Up à Poupinette pour son commentaire si réaliste
    See you soon,
    Nico

    • hervé dit :

      Ah Nicolas, je vois bien là ton petit sourire apaisant et malicieux… C’est bien d’avoir joué le jeu, moi aussi je l’ai joué… Mais aujourd’hui, si l’on en croit ce que l’on entend, TOUT LE MONDE à joué le jeu ! ça me rappelle une enquête d’il y a quelques années au sujet du choix des programmes de télévision par nos compatriotes : figure-toi que tout le monde regardais Arte et PERSONNE TF1… Dingue non !
      Quand au calcul du coulant, si ce ringard du reportage le vend 11 euros, j’ai l’impression que, mais tu me rectifieras si je me trompe, je peux le vendre à 14, non ?
      Et pour le prix de revient ? Eh bah, Nicolas, comment dire, je ne parlais pas du prix de la matière première uniquement, mais de la main d’oeuvre, de l’energie (gaz et électricité), ainsi que de l’usure du matériel, et des amortissements (des emprunts) suite aux investissements réalisés après la baisse de la TVA ! Fais le calcul, tu ne dois pas être très loin de ça ! Mais fais gaffe, ça fout les jetons !
      Quant au commentaire de Poupinette, qui est certes fort réaliste, me semble aussi un brin réactionnaire, ce qui me convient à moitié car s’il est vrai que l’on paye pour les autres, c’est un principe de société qui me convient parfaitement, et s’il y a des abus, je crois qu’il s’agit du prix à payer pour faire partie d’une communauté… Imagine un monde sans mutualité et tu verras que peu de gens y aurait le cul au chaud !
      Pour faire changer quelque chose, être blasé, réaliste ou fataliste ne mène pas bien loin !!! Et ça ne coûte pas cher d’y croire, il faut juste un peu de courage parce qu’on est souvent déçu !
      Je t’embrasse.

      Hervé.

  13. Nicolas ADAM dit :

    Salut Hervé, ( trop fort pour le sourire malicieux et apaisant …comment tu as su ! )
    pour qu’il n’y ai pas de malentendu , il est évident que c’est ton dessert que l’ on a envie de déguster ,
    fruit de ton immagination, coulant à flots de chocolat et d’émotion , allez je donne 10 euros de pourboire et pour 24 euros j’ai droit à un orgasme culinaire , it’s a good deal !
    Pour le prix de revient je te trouve un peu large , mais bon le Grand Large c’est ton fond de commerce non ?
    Aaaahhhhh ,j ‘ déconne Hervé !!! Je n’en pense pas un mot ( en plus Venant d’une Vieille tour comme moi …)
    Pour ma part j’ai travaillé 4 ans aux Etats Unis ,donc j’ai eu tout le loisir de regretter les avancées sociales ,médicales et salariales de notre beau pays
    Et bien sur je suis fier de payer pour notre bien être à tous , et non pas de payer pour les autres ( C’est la même chose mais version mutualiste )
    Aprés quel est le plus réac ton article ou la réponse de Poupinette , sur des angles differents ça se discute mais bon avec ta chronique passionante il fallait s’y attendre …
    Oh à propos,Hervé ,ton principe de société où l’ on paye pour les autres et qui te convient ( moi aussi d’ailleurs )
    les abus … eh mais ça me rappelle …, mais oui le chef d’élancourt est ce le prix à payer pour vivre en communauté ?
    Tu as le mérite Hervé de nous rappeler qu’il faut de tout pour faire un monde …
    Rocknkisses
    nico

    • hervé dit :

      @Nico : Hi hi hi ! J’adore ! J’adore ce genre d’échange, la dialectique du retournement de balle… Pif paf ! Prend ça ! Merci à toi Nico. Tu sais quoi ? Il FAUT que l’on fasse ça en vrai (avec une belle bouteille par exemple qui pourrait donner, avec nos prismes respectifs, quelque chose d’assez enthousiasmant).
      Le Grand Large embrasse La Vieille Tour.
      On tour.

      Hervé.

  14. BERTRAND dit :

    Le reportage m’avait laissé un goût peu digeste, mais cet article et ses arguments me file une intox alimentaire. Le pire pour moi, a été de voir ces enfants en école hotelière apprennant à utiliser les produits semi-finis !! Ces produits sont offert par l’agro-alimentaire ! Si l’école commence elle aussi à minimiser le problème et les coûts comment pourront-ils devenir de bons chefs ? Pour ma part, je prône les restaurants de qualité qui ne sont pas toujours les plus chers. J’ai beaucoup de respect pour les vrais artisans.

  15. Francis Brayer dit :

    Bonjour,
    bravo pour le calcul mais :
    - ces grands groupes vendent beaucoup de produits bruts (fruits,
    légumes, poissons, viandes, fleurs, herbes, …)
    - tout le monde n’a pas un moelleux à plus de 10 euros,on trouve ces
    desserts en Lorraine à 7 ou 8 euros.
    Donc la démonstration pourrait vite être démontée par nos
    adversaires industriels.
    Je suis pour la hausse DES tva’s pour d’autres raisons (économiques,
    fiscales, politiques, sociétales, …).
    On doit combattre l’Héguy de l’UMIH sur son terrain :
    - baisse des prix : Faux ! (les consommateurs le savent bien (les
    venseurs de 4×4 aussi !))
    - embauche de 56 000 personnes : mécaniquement impossible ! (l’Urssaf
    le sait, le RSI aussi !)
    - les investissements : facile à prouver si c’est vrai mais je
    n’obtiens jamais de réponse à cette demande.
    DOnc le Contrat d’Avenir n’a pas été respecté (mais on le savait
    dès la signature qui n’était que politique et absolument pas
    économique), il faut donc revenir dessus et rappeler que ce n’est pas
    le restaurateur qui paie la TVA mais le client.
    Amicalement

  16. tedone dit :

    je partage ta vision, ton sujet est juste moi aussi je fait du vrai ,mais je pense qu’on va y arriver a mettre a jour nos carences. Luttons tous ensemble et on y arrivera

  17. Nicolas ADAM dit :

    Salut Hervé , encore une idée de génie (pour la belle bouteille ), ce sera avec plaisir !
    C’est un bon plan ! … Euh non non je n’ai pas dit Gros Plant …
    Et pourquoi pas avec les Hénaff ( petit couple de restaurateurs Concarneauvore )
    Bon je met la bouteille au Fré et pour la banana split de Lio , eh ben …à voir !
    je t’embrasse,
    Nico

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