27 mai 2015

Rock’n Toques est unique !

By Olivier Marie In Actus

15 000 repas servis sur deux jours et demi, 800 brunches partis en quelques minutes, plus d’une heure de queue avant de déguster le brunch dominical ou, samedi, le plat de Christophe Le Fur… Des chefs et des équipes rincés mais satisfaits des bons services envoyés. Des clients ravis des plats goûtés. Bref, la magie Rock’n Toques a encore opéré. Lorsque l’on voit la qualité des plats servis, pour 8 €, on se dit que ce collectif a de beaux jours devant lui.

Alors justement ces plats ? Des burgers, un bagel, des pâtes, un panini, un bouillon, une nem, un rougail, un kig ha farz revisité, des crêpes et galettes… Des pâtisseries a tomber, des pains de Mof démultipliés à en faire pâlir Jésus. Rock’n Toques affole les papilles et devient une référence en matière de street-food. Le public, toutes générations confondues, répond présent. Et signe de qualité s’il en faut, on compte, parmi cette foule, de nombreux cuisiniers venus découvrir ces plats toujours originaux. Histoire de goûter le gourmand et délicieux kig ha farz revisité de Jonathan Leroy qui a fait un tabac. De s’émerveiller de la cuisson du nem de lieu jaune de Jean-Marie Baudic et, plus largement, de l’équilibre parfait de ce plat joliment envoyé par l’équipe et les amis du Youpala Bistrot. De voyager avec le burger de Mina Grabis (pain de semoule au fenouil signé Sylvain Herviault, compotée de tomates, oignons rouges coriandre aux épices, sardines du Guilvinec marinées au citron huile d’olive thym citronné, tomates confites, confiture d’olives…), ou celui, « cacahuèté » de Nicolas Adam, préparé en commun avec la chanteuse Izia. De se poser pour observer la délicatesse du plat de Mathieu Aumont et Philippe Le Lay. Ce bouillon de veau aux accents asiatiques, relevé de sa petite tartine aux légumes, en a bleufé plus d’un. Quel festival de bon goût !

Arrêtons-nous justement un instant sur ce joli plat, le « Veau-Race », et cédons la parole à l’un de ses initiateurs, Philippe Le Lay, chef lorientais de Henri & Joseph invité depuis 2 ans. « Il fallait un plat avec le moins de manipulations… Mathieu pensait travailler avec du petit veau de lait cuit à basse température. Je lui ai proposé de le travailler dans un bouillon clair, asiatique, où l’on mêlerait le bouillon viande et langoustine, les légumes croquants, quelque chose de bien condimenté avec coriandre, citronnelle, feuille de citronnier… Le tout relevé d’une tartine, style gressin, avec caviar d’aubergine, légumes pickles… Je me suis occupé du bouillon et de la tartine, Mathieu du veau et des légumes. 1100 portions au total. Dans une opération comme ça, il en faut pour tout les goûts. C’est un plat féminin, qui cale sans être lourd. »

Art Rock ne peut décidément plus se passer de cette cuisine plébiscitée par le public… et les artistes ! Cette année, ils ont été présents comme rarement, à déguster les plats dans le carré VIP de Rock’n Toques. Izia évidemment, mais également Yelle, Etienne de Crecy, The Citizens et Dominique A.

Au delà de la qualité des plats, c’est aussi cet élan de générosité qu’il faut retenir. Des équipes motivées qui n’hésitent pas à aider les autres, des chefs bénévoles qui viennent soutenir leurs confrères, des amis et des familles entières réunies dans la bonne humeur autour des tables pour envoyer les plats, une équipe d’organisateurs compétente et toujours avenante. Et puis, sur le tee-shirt de cette année, juste au dessus du coeur, un rose blanche stylisée. Pour rappeler à Charlie qu’elle fait partie à jamais de ce collectif enthousiasmant.

 

On a moins aimé…

Dans sa rubrique du lundi, donnant son avis sur Art Rock dans le traditionnel « On aime » « On a moins aimé », Ouest-France Saint-Brieuc allume Rock’n Toques sous le titre, Cuisine salée : « Toujours chaleureuse l’ambiance sous le chapiteau, place de la Résistance, où les chefs et leurs brigades ont régalé les festivaliers au son des excellents musiciens du métro. Les plats font toujours autant saliver. Un regret tout de même : ils ne sont pas à la portée de toutes les bourses. L’addition peut vite s’avérer salée… »
8 € le plat ! De quoi parle-t-on ? D’un sandwich américain, d’un kebab ou d’un panini au poulet ou à la dinde élevés en batterie, le tout agrémenté de rondelles de tomates industrielles à 7 € comme observé ailleurs dans la ville ? De surgelé ? Non bien évidemment. On parle ici de veau de lait, de poisson frais côtier, de citronnelle, de travail artisanal, de cochon de qualité, de sueur, de rires, de larmes (et oui il y en a quand la pression est trop forte comme ce fut le cas). Les larmes aussi sont salées, comme la sueur.
8 € le plat ! Que veut-on ? La gratuité généralisée, se goinfrer d’aliments de mauvaise qualité… Tant qu’à critiquer d’année en année le prix de vente des plats de Rock’n Toques, Ouest-France Saint-Brieuc devrait enquêter et comparer le prix de revient, le coût matière… histoire de voir si la « cuisine salée » est bien celle dont on parle.
8 € le plat pour initier justement ceux qui n’ont pas l’opportunité de passer la porte des restaurants. 8 € le plat pour sensibiliser les jeunes bouches à la nourriture de qualité. 8 € le plat pour la culture et la santé. Pour Ouest-France c’est cher payé. Lorsque ce type d’initiative n’existera plus, Ouest-France Saint-Brieuc n’aura plus que ses kebabs pour pleurer.

Olivier MARIE
Photos © Olivier Marie – goutsdouest.fr

 

4 Comments
  1. Christel Conan-Signor 27 mai 2015

    Bravo pour ce très beau reportage, les photos sont de plus vraiment très belles.

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  2. Sophie Aumont 27 mai 2015

    Merci Olivier, c’est bien envoyé ! comme tous les toqués que nous sommes, avec le coeur, la passion et le savoir faire. Tes photos sont belles, tes commentaires pertinents et ça nous fait du bien. Sophie.

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  3. Nicolas ADAM 30 mai 2015

    JESUS FUCKING CHRIST!!! 16 000 plats servis à Rock’nToques et même pas mal… Merci Oliv

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  4. Dominique Le Saux 10 juin 2015

    bravo,je partage complètement votre point de vue. Encore une fois l’agglo essais de faire qq chose qui ne coute pas aux contribuables tout en faisant valoir le territoire, la gastronomie.. ; mais c’est encore trop cher!!!.. beurre, argent du beurre.. une longue histoire
    Encore merci a tous les chefs et à leur brigade qui ce sont défoncés pour notre plaisir.

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Rock’n Toques est unique !

par Olivier Marie temps de lecture : 4 min
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