8 juin 2018

Mobilisation pour ce beurre d’exception !

By Olivier Marie In Producteurs

Stéphane amoureux de ses vaches froment du Léon

« Il faut se mobiliser ! Si l’on n’aide pas des gens comme eux, comment voulez-vous que l’on fasse notre métier ? On parle de gastronomie de bons produits etc. mais lorsque des producteurs, qui font admirablement bien leur métier, sont dans la difficulté, on a tendance à détourner la face. Le monde d’aujourd’hui oublie l’essentiel, l’humain et la nature qui nous entoure. » Nicolas Adam, le chef étoilé de La Vieille Tour et Portland à Plérin se mobilise aujourd’hui pour des paysans artisans beurrier. Pour le coup, « je leur ai acheté une vache. Elle s’appelle Henriette et je suis déjà dingue d’elle ! » 

Implantés dans les Côtes d’Armor, à Maël-Pestivien, Maëve et Stéphane Terlet sont éleveurs de vaches Froment du Léon et produisent un beurre fabuleux, vendu sur les marchés de Paimpol et Saint-Brieuc. Dans leur petite ferme bio, « Couleur froment », plantée dans une campagne idyllique – en contre-bas d’un champ peuplé de vaches à la robe froment tournant même à l’oranger en fin de journée d’été -, ces deux passionnés de races locales et d’agriculture paysanne, respectueuse des hommes, des animaux et de la terre, bichonnent un troupeau de 14 vaches et un taureau, Louis. « Nous vendons en circuit court depuis maintenant 3 ans mais là, nous arrivons à un tournant de notre aventure, » expliquent Stéphane et Maëve sur le site Ulule où ils viennent de lancer un financement participatif. 

« La saison vient de débuter avec deux fois plus de vêlages – 14 naissances cette année contre 7 l’an dernier. » Du coup l’outil de travail assez rudimentaire devient obsolète. « Actuellement nous trayons avec un pot trayeur en plein champ. Ce sera impossible avec 14 vaches à traire ! » explique Stéphane. L’idée est d’installer un système de traite mobile, afin de traire toujours à même le champs. « C’est plus confortable pour nos vaches. » Outre cet outil, Stéphane et Maëve se doivent de mettre en place un atelier de transformation du lait sur le site de la ferme. « Actuellement nous mutulisons un laboratoire avec un autre éleveur. Mais ce labo est trop éloigné de notre ferme avec la perte de temps et d’argent que cela implique. » Les rendements s’en ressentent également car « entre les deux, le lait refroidit et fait moins de crème. Nous avons en effet décidé de ne pas réchauffer le lait, pour une qualité optimale. »

« On a encore envie d’être là l’année prochaine… »

Aujourd’hui Maëve et Stéphane ont besoin de 10 878 € pour faire évoluer leur exploitation. « Sinon, ce sera trop difficile… On a vraiment envie d’être encore là encore l’année prochaine…  » Ce beurre breton riche en goût, d’un jaune soutenu, presque oranger en été, mérite une large mobilisation. Parce que la Bretagne a besoin de ces hommes et de ces femmes passionnés, de ces races anciennes et de ces produits naturels d’exception.

Pour les aider : Ulule

Olivier MARIE

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Mobilisation pour ce beurre d’exception !

par Olivier Marie temps de lecture : 2 min
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