22 juin 2011

Des titres et des euros…

Par In Actus

Les devantures des restaurants me font parfois penser à ces entrées de villes embouteillées de panneaux publicitaires en tous genres. Alors attention c’est parti ! D’abord il y a les “Maison recommandée par…” Alors en vrac Michelin, GaultMillau, Bottin Gourmand, Guide du Routard, j’en passe et des meilleurs enfin non, pas forcément. Ensuite, vous avez les associations et groupements du genre : Tables&Saveurs de Bretagne, Restaurant de Terroir, Maître Cuisinier de France, Euro-Toques, les Toques Blanches… zzzzzzzz ooops excusez moi je m’étais assoupi ! Alors on en était où ? Ah oui, bon ben allez  on entre et on verra bien dans l’assiette. Et c’est là, qu’une fois attablé, la maîtresse de maison vous informe avec un joli sourire que le chef vient de recevoir son titre de Maître Restaurateur… J’en ai même rencontré un récemment, bardé de médailles genre ancien combattant du veau Marengo, décoré, écoutez bien, de la médaille mondiale de l’Académie Culinaire de France ! A quand le maitre queue interplanétaire ? En même temps, il vaudrait mieux éviter les confusions… Et c’est sans parler des Jeunes restaurateurs d’Europe, les JRE – ah oui parce que toutes ces distinctions ont leurs abréviations -, des MOF etc.

Bref tout ça pour dire que cela me fait bien rire. Et récemment, j’étais invité à un repas des MCF (alors pour ceux qui n’ont pas suivi ce sont les Maîtres Cuisiniers de France) dont je me suis toujours demandé quel était le rôle dans le paysage culinaire Français en général et breton en particulier. La formation me dit-on… Pas convaincu du tout. Me voilà donc au milieu de ces cuisiniers pour un déjeuner que je sentais très moyennement. Morbihan, un pot au feu sur la table de La Chouannière à Bignan. Le genre de pot au feu qui arrive en plusieurs plats, avec la fleur de sel à déposer sur la moelle, la viande bien filandreuse, juste le gras qu’il faut pour donner du goût, les légumes superbement cuits, les jus, les sauces, les tartines beurrées à souhait…Et puis la magie de la table et des hommes. La modestie de Jean-Luc Simon le maître des lieux, la convivialité et les sourires d’un Bernard Rambaud, la gentillesse d’un Henri Gaonac’h et d’un Christophe LeFur de l’Auberge Grand Maison… Tout ces hommes donnaient de leur temps pour organiser un repas à Concarneau afin d’aider l’association Leucémie Espoir. Ils parlaient de leur travail, s’échangeaient des idées… Sans oublier la bonne cause. Ils ont réuni 15 000 euros cette soirée là. Bon d’accord, il y a peut être des groupements qui servent à quelque chose au fond…

Chronique signée Olivier MARIE parue dans le Mensuel de Rennes / Mensuel du Golfe du Morbihan

Photo / Romain Joly

Écrit par Olivier Marie

Journaliste culinaire professionnel écumant les salles de restaurant et les cuisines de l'Ouest depuis plus de dix ans.

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Des titres et des euros…

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