23 octobre 2015

GaultMillau… non mais sérieux !

Par In Actus

Côme de Cherisey, Directeur Général du GaultMillau, a tenu à réagir à ce papier : “Merci pour vos posts. Grâce à cela, nous avons vu qu’il y avait un Bug sur l’import de nos nouvelles données. Dans le guide papier ce restaurant n’a pas de toques, dans nos notes internes non plus. Désolé pour cette erreur technique qui sera restée en ligne 24h (sur environ 50 restaurants…)… Nous sommes une petite équipe et la technologie n’est jamais simple. Côme de Cherisey”

Prélude [Bon, nous allons donc voir si vous avez bien retenu votre leçon. Alors, d’après vous, quelle type de cuisson Hervé Bourdon au Petit Hôtel du Grand large applique-il à ses poissons ? Oui, Mr GaultMillau au fond de la classe… « Vapeur monsieur ? » N’importe quoi, mais taisez-vous donc au lieu de dire des bêtises pareilles ! Quel cancre celui-là…] Fin du prélude. 

Bon plus sérieusement, le GaultMillau vient donc de nous livrer sa nouvelle mouture. Que retenir de ce « découvreur de talents » ? Et bien pas de grandes surprises en fait dans les promus… Un Allium à 3 toques, un Jérémie Le Calvez à 3 Toques (prenez bien la mesure des 3 toques, qui correspondent globalement à 1 étoile pour le Michelin, nous en reparlerons plus loin…), la reconnaissance du talent déjà affirmé d’Anthony Jehanno à Terre-Mer (tiens, on en parlait ici et encore dans Goûts d’Ouest…), celui de l’étoilé, depuis 2013, Mathieu Kergourlay (KERgourlay Mr Gault, n’oubliez pas le “ker”)… Voilà pour les grandes lignes positives mais, reconnaissons-le, pas franchement révolutionnaires. Ah oui, tant que l’on y est, si vous pouviez faire un effort sur les prix au manoir de Lan Kerellec, non parce que franchement, 2250 à 8800 € les menus, ça pique un peu quand même…

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Et pour le reste, c’est là qu’est l’os… N’achetant plus de guide depuis des lustres (je me les fais prêter par les chefs qui sont assurément une espèce en voie de disparition en étant les derniers acheteurs de guides…), je me suis penché hier et ce matin sur le site de GaultMillau. Les chefs partageant tous sur Facebook leurs critiques, on se dit qu’il est mis à jour. Si c’est le cas, je vous livre le scoop de l’année :

Le Manoir de Trouzilit à Treglonou décroche 3 toques ! Et là, en découvrant ce nom, je me dis que j’ai décidément de grosses lacunes et que je ne fais pas correctement mon métier de journaliste culinaire. « Kicékikézako ce Trou à nous dans sa troglodyte ? » Euh pardon, ce Trouzilit dans son Tréglonou ? Dixit le guide jaune, « un joli manoir à visiter en profitant de la crêperie (ouverte le week-end et tous les jours l’été), bonne halte typique à l’accent régional, bonnes galettes aux garnitures locales… » 3 toques et donc susceptible d’entrer dans l’association phare de la gastronomie bretonne, Tables & Saveurs de Bretagne – petit rappel : pour y entrer, il faut soit 1 étoile Michelin, soit 3 Toques GaultMillau. Et là je me dis que les professionnels vont apprécier…

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Bon, sinon quoi de neuf Docteur Gault ? Les Remparts à Vannes accroche également 3 Toques. Soyons honnête, je connaissais Les Remparts du temps de Nicolas Séjourné, mais je n’y suis malheureusement pas retourné depuis. Le bistrot est passé en mode bistronomique paraît-il. Je pense que le chef doit s’attendre à voir réserver nombre de ses confrères, curieux de voir ce qui s’y concocte dans l’assiette. Sans préjuger en rien de la cuisine que l’on y propose (les « critiques » sur Trip et Michelin semblent enthousiastes), ces 3 Toques semblent un tantinet osées, de la part du Gault. Elles vont en tout cas mettre la pression sur le chef qui se voit, du coup, propulsé au même niveau que ses confrères voisins Thierry Seychelles, Olivier Samson et Vincent David. Encensé par ailleurs, Terre Mer, à deux pas, ne prend pas 3 Toques !

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Et puis enfin, voilà les deux chefs mis au coin par GM. Hervé Bourdon et Julien Lemarié. Du premier, on nous dit qu’un poisson est cuit vapeur alors que le chef de Portivy ne cuit ses poissons qu’au Teppanyaki. On lui envoie, pour l’achever, un dédaigneux « méditations profondes » à propos de 2 jolis plats. 2 plats 2 Toques ! Pas de bras, pas de chocolat. Suivant ! Et voilà Julien Lemarié à Rennes. Excellent chef étoilé. Là franchement, on ne voit même pas ce qui lui est reproché. On sait juste que « son travail est intéressant » mais en gros que les efforts faits en salle ne suffisent pas « pour attirer les toques. » Incompréhensible. Non, honteux. Mais cela ne va pas empêcher les chefs de courir, sans leurs femmes pou compagnons qui cette année ne sont pas invité(e)s, lundi prochain au grand raout GaultMillau. Et si on parlait solidarité ? Et si ceux qui s’y rendent pouvaient glisser quelques mots à Monsieur Esquerré ?

PS : sinon, “Olivier” Guérin va bien, je l’ai vu la semaine dernière ! – voir la critique de l’U.ni

Olivier MARIE

 

Écrit par Olivier Marie

Journaliste culinaire professionnel écumant les salles de restaurant et les cuisines de l'Ouest depuis plus de dix ans.
4 commentaires
  1. Denis Moalic 23 octobre 2015

    Quel(le) type de cuisson?

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  2. Ludovic allard 23 octobre 2015

    J’adore !

    Répondre
  3. Verdier 25 octobre 2015

    Restaurateurs peu avenants, imbus de leur
    personne
    et de leur étoile ! Peut être que la cuisine tempère le manque de charisme du triumvirat familial… Je n’ ai plus envie de la goûter tellement l ‘approche du “petit personnel” est parisianisme!

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  4. Jean-Pierre POULET 16 novembre 2015

    Et à cette soirée du 26 octobre au Trianon, parmi les invités assis de la salle du bas, il y avait beaucoup de chefs bretons, dont au moins un 4 toques avec son épouse …

    Répondre

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GaultMillau… non mais sérieux !

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