23 mars 2015

Vive le collectif !

Par In Actus

vive le collectif - Gouts d'Ouest - © Olivier MARIE

Tables & Saveurs de Bretagne n’est pas une association anodine dans le monde de la gastronomie hexagonale. Elle est tout simplement unique. Nulle part ailleurs, autant de chefs étoilés n’ont eu l’idée de se réunir afin d’oeuvrer pour valoriser leur région, leurs producteurs, la spécificité de leurs cuisines. Tables & Saveurs de Bretagne fête cette année ses 25 ans et une trentaine de chefs se sont retrouvés afin d’inviter leurs producteurs et de convier quelques journalistes pour leur montrer à quel point la Bretagne gourmande est vivante et diverse. Au-delà de l’événement, cet oecuménisme gastronomique permet une prise de conscience : la parole commune, l’action de groupe semble, aujourd’hui plus que jamais, nécessaire, essentielle.

L’époque n’est pas franchement à l’apaisement. Et c’est le cas aussi dans cet environnement culinaire qui n’en finit plus ces derniers mois de se déchirer sur fond de violences en cuisine, qui n’en finit plus d’afficher publiquement sur les réseaux sociaux ses jalousies, ses rancoeurs, parfois même son homophobie. Franchement, on en viendrait à déprimer… Et puis non ! On ne va pas se laisser étouffer par une poignée d’imbéciles égoïstes, violents, haineux… D’autant que de belles initiatives viennent égayer notre quotidien. Un festival Omnivore apparemment (je n’ai pas pu y assister pour cause de reportage en suède – voir phrase suivante…) rafraichissant, un repas suédois de haute volée grâce à une brigade internationale vivifiante, une réunion de chefs bretons conviviale sur un bateau pour fêter 25 ans d’un mouvement… (et demain encore Rock’n Toques, les Franco Gourmandes, les bistrotiers rennais…). Ces évènements collectifs sont une bouffée d’oxygène indispensable.

Et dommage si certains chefs préfèrent encore jouer la carte individuelle contre celle du groupe. Dommage qu’ils ne mesurent pas que le groupe, fort de sa diversité, sublime l’individu tout en respectant sa spécificité. Quoi qu’il advienne ces prochaines années, personne ne pourra se vanter d’être seul, même flanqué de 3 étoiles, un porte étendard de la Bretagne gastronomique. Parce que cette dernière est tellement riche, tellement diverse, que seule, une association de ces diversités, comme Tables & Saveurs de Bretagne par exemple, pourrait prétendre à un tel rôle. En mettant leur savoir-faire, leur identité et leur réputation au service du collectif (sans vouloir le détourner à leur profit), les chefs ont tout à gagner. A commencer par le respect.

Olivier MARIE – Gouts d’Ouest

 

Écrit par Olivier Marie

Journaliste culinaire professionnel écumant les salles de restaurant et les cuisines de l'Ouest depuis plus de dix ans.
2 commentaires
  1. Sugrier 24 mars 2015

    Pourquoi une telle charge envers Olivier Bellin ? Et en plus malsaine car sous-entendue ? Peut-être avait-il d’autres obligations ?

    Les associations, c’est bien mais encore faut-il que chacun y trouve son compte ?

    N’est-ce pas aussi un peu narcissique, sectaire et nombriliste cette forme d’autosatisfaction ? Seul ces gens serait possesseur du bon gôut breton ?

    S’il y a bien un chef qui défend les valeurs de la Bretagne et les met en avant depuis longtemps, c’est bien lui.

    J’ai l’impression cher M. Marie que votre travail journalistique est quand même fortement orienté …….

    Répondre
    • Olivier Marie 24 mars 2015

      Une charge contre Olivier Bellin, comme vous y allez ! Il n’y a aucune charge contre qui que ce soit dans ce billet (qui ceci dit est évidemment orienté comme vous semblez le regretter, c’est le principe même du billet, de la tribune, de l’opinion…), mais plutôt une envie de dire à tous les chefs qu’ils ont certainement plus à gagner ensemble que seuls dans leurs coins. Pour continuer dans la réponse de votre post, ai-je dis que seuls les membres de Tables & Saveurs seraient possesseurs du bon goût breton ? Pour info dans mon papier j’écris « par exemple », et je tiens à vous préciser que j’ai largement milité pour que T&S s’ouvre aux bistrotiers et autres chefs qui font la Bretagne gourmande. Enfin, je suis ravi qu’Olivier Bellin, puisque vous le mettez au centre de vos préoccupations, représente haut et fort la Bretagne. Je l’ai suffisamment défendu ici. Je sens juste une démobilisation par rapport au groupe et je me dis que c’est dommage. Dommage, c’est le mot que j’ai utilisé dans mon papier. Cela n’a rien d’une charge. Sinon, pour info, il n’était pas le seul absent…

      Répondre

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Vive le collectif !

par Olivier Marie temps de lecture : 2 min
2